le KiteSurf

🪁 Kitesurf – principes essentiels

Le kitesurf est un sport de glisse nautique où le pratiquant est tracté par une aile (ou kite) fixée à son harnais et reliée à une planche.

Ce principe s’applique également à d’autres surfaces de glisse, telles que le sable ou la neige. Le snowkite est d’ailleurs souvent recommandé aux débutants, car il supprime la complexité liée à la gestion de la flottaison, permettant de se concentrer uniquement sur le pilotage de l’aile et l’équilibre.

Principe de fonctionnement

  • L’aile capte la force du vent pour créer une portance et une traction qui poussent le kitesurfeur sur l’eau.

  • Le pratiquant contrôle l’aile à l’aide d’une barre, ce qui permet de diriger la traction et la vitesse.

Principe d’équilibre en kitesurf

  • En kitesurf, le point neutre correspond au point d’équilibre entre le poids du pratiquant et la portance générée par l’aile, un principe comparable à la notion de flottabilité en plongée.
  • Lorsque la force du vent augmente, l’aile génère davantage de portance. Il est alors nécessaire de réduire la taille de l’aile afin de conserver le contrôle et d’éviter une traction excessive.

Rôle du poids et du matériel

  • Une planche de grande taille augmente la portance, tout comme une grande aile, mais au détriment de la maniabilité et de la réactivité.

  • À l’inverse, un équipement plus compact offre plus de précision et de contrôle, mais nécessite plus de vent ou plus de technique.

  • C’est pour cette raison que les femmes et les enfants, généralement plus légers, utilisent des ailes et des planches de plus petites tailles.

  • La plupart des fabricants de matériel basent leurs recommandations sur un gabarit de référence d’environ 75 kg.
  • Un pratiquant plus lourd devra donc s’orienter vers une aile et une planche plus grandes.

  • À l’inverse, un pratiquant plus léger choisira des tailles inférieures.


🪁 Limites des grandes ailes et essor du kitefoil

À titre indicatif, une aile de plus de 12 m² est généralement plus lente, moins maniable et moins réactive, ce qui la rend moins agréable à utiliser.

Ce constat explique en grande partie le développement rapide du kitefoil : grâce à la portance du foil, il est possible de naviguer efficacement avec des ailes plus petites, le plus souvent inférieures à 12 m², tout en conservant de bonnes performances dans le vent léger.

Principe général du kite comme aide à la traction

Un kite (ou cerf-volant de traction) est une aile profilée reliée à un navire par une ligne. Lorsqu’il est placé en altitude, il capte le vent plus fort et plus régulier qu’au niveau de la mer, ce qui génère une force de traction transmise au navire. Cette traction peut compléter ou réduire l’effort demandé au moteur principal, réduisant ainsi la consommation de carburant et les émissions.

Le fonctionnement repose sur les mêmes principes aérodynamiques que les kites de kitesurf : l’air en mouvement exerce une portance et une traction sur l’aile, qui tire l’embarcation.

Contrairement à un mât et des voiles traditionnels qui nécessitent une structure permanente, le kite peut être déployé et rangé selon les besoins, sans empiéter sur le pont ou la cargaison.


🚢 Applications aux navires commerciaux – dates et exemples

📍 SkySails : premier système de propulsion par kite testé sur navire (2007-2008)

  • Le système SkySails a été l’un des premiers à démontrer la traction par kite sur un cargo.

Ce système fonctionnait comme un kite géant piloté par ordinateur, capable d’atteindre des altitudes où le vent est plus puissant que les voiles traditionnelles.


📍 Récentes expérimentations et projets commerciaux (année 2020 et au-delà)

  • Seawing (Airseas) est un système de traction par kite testé sur le cargo Ville de Bordeaux, avec des ailes de 250 m² et 500 m². L’objectif est de réduire encore la consommation de carburant lors de traversées transatlantiques.

  • “K” Line (compagnie japonaise) envisage d’installer un système de kite automatique sur un bulker de 88 700 tonnes, possible dès 2024, pour apporter une propulsion auxiliaire par vent sur des navires commerciaux lourds.

 

le KiteFoil et le WingFoil

🪶 Foil – principe, histoire et applications

📌 Qu’est-ce qu’un foil ?

Un foil est une surface portante immergée (profil hydrodynamique) qui, lorsqu’elle se déplace dans l’eau à vitesse suffisante, génère une portance qui soulève l’embarcation au-dessus de la surface. Cela réduit fortement la frottement de l’eau et permet d’atteindre des vitesses plus élevées avec moins d’énergie. La traînée diminue d’autant plus que le foil est fin et profilé, ce qui explique l’origine du terme anglais foil, signifiant feuille.

Ethymologie (Wikipedia): Le mot « foil » est originellement un mot d’ancien français signifiant « feuille [d’arbre] », mais dans son sens actuel c’est une aphérèse de l’anglais hydrofoil[a], construit sur foil (« feuille [d’un matériau] ») qui lui-même vient de l’ancien français foil[4] et du préfixe hydro- (du grec ὕδριος / húdrios, « d’eau »). 


📜 Histoire du foil – un concept ancien

Le concept de foil est très ancien et remonte au XIXᵉ siècle :

  • 1861 – Thomas Moy (Angleterre) : premier prototype documenté d’un hydrofoil, réalisé en fixant des surfaces portantes sous une petite embarcation tirée sur le canal de Surrey. La coque s’est soulevée hors de l’eau, démontrant le principe de portance hydrodynamique.

  • 1869 – Emmanuel Denis Farcot (France) : dépôt d’un brevet pour une embarcation équipée de plans porteurs sous la coque, préfigurant les hydrofoils.

  • 1900 – Enrico Forlanini (Italie) : construction d’un hydrofoil équipé de foils « échelle » entraîné par un moteur et atteignant de fortes vitesses.

  • 1919 – Alexander Graham Bell & Frederick Walker Baldwin (Canada) : développement d’hydrofoils de grande échelle, notamment le HD-4, qui a battu un record de vitesse sur l’eau. Le Canada a construit dans les années 1960 un hydrofoil militaire, le NCSM Bras d’Or (FHE 400),  pour la lutte anti-sous-marine.

Depuis ces premières expérimentations, le foil s’est progressivement amélioré grâce aux matériaux (alliages légers, carbone) et à la compréhension accrue de l’hydrodynamique.


🚤 Applications du foil dans de nombreuses embarcations

Le principe du foil a été appliqué à de très nombreux types de véhicules nautiques :

🛥️ Bateaux & navires

  • Hydrofoils motorisés : bateaux à moteur qui se soulèvent grâce à des foils pour réduire la résistance et augmenter la vitesse.

  • Hydroptère et autres voiliers à foils : multicoques et voiliers de compétition ou de record qui « volent » au-dessus de l’eau grâce à des foils sous la coque.

⛵ Voiliers de sport et course

  • Nombreux voiliers de course modernes sont équipés de foils, ce qui a révolutionné les performances en mer (par exemple dans l’America’s Cup).

🏄‍♂️ Sports de glisse et foils

Le principe du foil a profondément transformé de nombreux sports de glisse (vidéo récapitulative d’ARTE), en permettant aux supports de s’élever au‑dessus de l’eau et de réduire fortement la traînée hydrodynamique.

  • Kitefoil : variante du kitesurf dans laquelle la planche est équipée d’un foil. Celui-ci permet de décoller tôt, de naviguer avec des ailes plus petites et d’atteindre de fortes vitesses avec un excellent rendement, notamment dans le vent léger.

  • Windfoil : évolution de la planche à voile (windsurf) équipée d’un foil qui soulève la planche hors de l’eau, réduisant la traînée et permettant des vitesses améliorées même dans des vents légers. Discipline olympique depuis Paris 2024, sous le nom de ‘IQ Foil’.
    Note : avec du gros vent, le windsurf avec ailerons (fins) va aussi vite que le windfoil – tout en étant beaucoup plus physique et moins élégant.
  • Wingfoil : discipline combinant une wing tenue à la main (wing = aile, qui a est exactement l’imitation des ailes d’oiseaux) et une planche à foil. Elle offre une grande liberté de mouvement et un accès simple au vol, avec une traction directe et modulable. C’est un sport en plein essor, démocratisant l’accès au foil. Sport qui fonctionne sur tous les plans d’eaux (rivières, lacs, mer) et en toute sécurité car la planche flotte.

  • SUP et Surf foil : Stand Up Paddle équipé d’un foil, utilisé en surf, en downwind ou en eau plate. Le foil permet de prolonger la glisse et de maintenir le vol même lorsque la vague ou l’énergie diminue.

  • Moth à foil : dériveur monotype extrêmement léger, conçu pour voler en permanence au-dessus de l’eau grâce à ses 2 foils. Le Moth est un véritable laboratoire technologique, à l’origine de nombreuses innovations reprises ensuite dans la voile de compétition.

  • SailGP : championnat international de voile opposant des équipes nationales sur des catamarans F50 à foils. Ces bateaux naviguent presque exclusivement en vol et illustrent l’aboutissement du foil appliqué à la compétition de très haut niveau, avec des vitesses élevées et un pilotage extrêmement précis.


🧠 Pourquoi le foil a-t-il été adopté ?

L’intérêt technique du foil repose sur la réduction du frottement de l’eau : moins de surface mouillée signifie plus de vitesse avec moins d’énergie, ce qui est décisif pour des sports comme le kitefoil, le wingfoil, ou pour des embarcations rapides.

🪶 Vol au-dessus de l’eau et gain de vitesse

Le principe du foil consiste à soulever la planche au-dessus de l’eau afin de réduire drastiquement la surface en contact avec le milieu. En supprimant l’essentiel de la traînée hydrodynamique, il devient possible de naviguer plus vite, tout en utilisant des ailes plus petites qu’avec une planche évoluant en surface.


🌬️ Pourquoi peut-on aller plus vite que le vent ?

En navigation à foil (kitefoil, wingfoil, voilier à foils), la vitesse ne dépend pas uniquement du vent réel, mais du vent apparent.

  • Le vent apparent est le vent ressenti par le pratiquant : il résulte de la combinaison vectorielle du vent réel et de la vitesse de déplacement.

  • Plus la vitesse augmente, plus le vent apparent s’intensifie et s’oriente vers l’avant, ce qui permet à l’aile de générer encore plus de traction.

Grâce à la très faible résistance du foil, ce cercle vertueux permet d’atteindre des vitesses pouvant aller jusqu’à quatre fois la vitesse du vent réel, ce qui serait impossible avec une planche glissant sur l’eau.


🧱 Une technologie récente

Le développement du foil est relativement récent, car il nécessite des matériaux à la fois légers et très résistants, en particulier la fibre de carbone, indispensable pour supporter les efforts tout en conservant une faible traînée.


⚙️ Conséquences de l’ajout d’un foil sous la planche

L’intégration d’un foil modifie profondément le comportement de l’ensemble :

  • le centre de gravité est abaissé

  • l’ensemble foil-planche ajoute un poids significatif sous la planche

  • le comportement est totalement différent d’une planche sans foil, avec une phase de décollage, de vol et d’atterrissage

⚠️ Sécurité : les ailes et le mât du foil sont très coupants. Il est fortement recommandé de débuter avec une combinaison avec pantalon, afin de limiter le risque de coupures profondes. Le casque est aussi obligatoire !


🧩 Différents designs de foils

Comme pour les ailes de kitesurf, il existe plusieurs types de foils, adaptés aux niveaux et aux usages :

  • Un foil de grande taille (notamment une grande aile avant) génère plus de portance à basse vitesse, ce qui facilite le décollage et le vol.
    → Idéal pour débuter, surtout lorsqu’il est associé à une planche volumineuse capable de flotter à l’arrêt (particulièrement en Wingfoil).

  • Les pratiquants expérimentés utilisent des foils plus petits et des planches compactes, beaucoup plus légers et rapides.
    → En contrepartie, il est nécessaire de générer activement de la vitesse, notamment en pompant la Wing, afin d’atteindre la vitesse minimale permettant au foil de porter.
    → la tendance actuelle est passée aux planches downwinder, longues et fines optimisées pour la glisse, pour un décollage en douceur.